Histoire du bain dérivatif : une pratique ancienne

Histoire du bain dérivatif : cette pratique est-elle récente ?

Le bain dérivatif est-il une pratique récente ? France Guillain revient sur l’histoire du refroidissement de l’entrejambe et sur différents usages de cette pratique avant qu’elle ne lui donne le nom de “bain dérivatif”. Elle évoque notamment son enseignement à la faculté de médecine au début du XXe siècle, son utilisation dans certains hôpitaux et des témoignages de médecins anciens.

Pour aller plus loin : découvrir ce qu’est le bain dérivatif et comment le pratiquer.

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Chaque mois, ces rencontres en ligne permettent d’approfondir la Méthode France Guillain, de répondre aux questions des participants et d’échanger autour de sa mise en pratique au quotidien.

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Une chose que je ne savais pas, mais que j’ai découverte il n’y a pas très longtemps : cette méthode était enseignée à la fac de médecine en France jusqu’en 1920. C’est quand même intéressant. C’est pour ça, en fait, que les très vieux médecins — enfin, les très vieux médecins maintenant, ceux qui ont été à l’école en 1920, ils ne sont plus là — mais quand j’ai fait le tout premier livre sur le bain dérivatif en 1994, j’ai reçu des lettres et des cartes de visite de vieux médecins qui me remerciaient de parler du bain dérivatif, de le remettre au goût du jour, parce qu’eux, ils l’avaient étudié. Donc aujourd’hui, oser dire que ce serait du charlatanisme, ça serait vraiment déplacé. D’autant plus que dans tous les hôpitaux, il y a des poches froides à mettre dans l’entrejambe. Oui, je les ai eues, moi, à l’hôpital. Bien sûr. Oui, j’en réclamais plus. Comme les bains dérivatifs, oui. Bien sûr. Ça a toujours existé. En fait, c’est un retour aux sources. C’est important à savoir, parce que quand il y a des gens qui se moquent, on peut toujours leur répondre. C’est important. C’est pour ça que, d’ailleurs, le premier chapitre de mon dernier livre sur le bain dérivatif, c’est ma crise d’appendicite quand j’avais 8 ans, où on m’a mis de la glace dans l’entrejambe 12 jours d’affilée, jour et nuit, et j’ai encore mon appendice. Parce que c’était soit ça, soit l’opération. L’opération, c’était un risque sur deux de septicémie, parce que c’était en pleine brousse, il n’y avait pas de clinique, il y avait très peu d’antibiotiques, il n’y avait pas d’avion. Donc c’était une époque où on n’avait pas énormément de médicaments sur place. Et être opéré… les médecins évitaient les opérations. Les médecins militaires, ils connaissaient ce genre de choses. Et voilà, ils avaient donné à mes parents une poche en caoutchouc rose avec un gros bouchon en alu pour que mon père, avec le pic à glace, casse de la glace et la mette dedans. Il n’y avait pas, à l’époque, de petits bacs à glaçons, ça n’existait pas. Donc il n’y avait pas de congélateur. Il fallait aller chercher la glace à la brasserie, qui marchait sur un groupe électrogène, parce que chez mes parents il n’y avait pas d’électricité. Donc Alexandra, qui est à Mayotte, elle comprend ça. Le risque de septicémie dans les pays chauds, c’est terrible.

À retenir

Cette capsule replace l’histoire du bain dérivatif dans un contexte plus ancien que sa formulation actuelle par France Guillain. Elle rappelle que des pratiques de refroidissement local étaient déjà connues et utilisées dans le cadre médical au début du XXe siècle. France Guillain évoque également son expérience personnelle d’enfant, ainsi que les témoignages de médecins qui connaissaient ces usages avant la publication de ses premiers ouvrages. Ce rappel historique permet de mieux comprendre l’origine de la pratique et la manière dont elle s’inscrit dans une continuité d’usages anciens plutôt que dans une invention récente.

Pour aller plus loin : découvrir ce qu’est le bain dérivatif et comment le pratiquer.